Actualités du Calvados

Calvados vs Cognac vs Armagnac vs Whisky : quelles différences ?

Quatre spiritueux, quatre origines, quatre identités.

Calvados vs whisky vs armagnac vs cognac

Calvados, Cognac, Arma­gnac, Whisky : quatre grands spi­ri­tueux, quatre iden­ti­tés bien dif­fé­rentes. La pre­mière dif­fé­rence tient à leur matière pre­mière : fruits à cidre, raisin ou céréales. Mais la dis­til­la­tion, le vieillis­se­ment et les pro­fils aro­ma­tiques jouent aussi un rôle essen­tiel. Alors, qu’est-ce qui dis­tingue vrai­ment le Calvados des autres ?

Des matières premières très différentes.

La pre­mière dif­fé­rence entre ces quatre spi­ri­tueux tient à leur matière première.

Le Calvados est une eau-de-vie de cidre éla­bo­rée avec des pommes à cidre et/ou des poires à poiré. Ces fruits pro­viennent de ver­gers nor­mands, dont les varié­tés et les sols par­ti­cipent à la diver­si­té des pro­fils du Calvados. Le Cognac et l’Armagnac sont, eux, des eaux-de-vie de vin issues de rai­sins culti­vés dans leurs ter­roirs res­pec­tifs. Le whisky consti­tue enfin une famille de spi­ri­tueux pro­duite dans de nom­breux pays, à partir de dif­fé­rentes céréales, notam­ment l’orge, le maïs, le seigle ou le blé et avec des régle­men­ta­tions et des tra­di­tions de pro­duc­tion propres à chacun.

Cette ori­gine végé­tale donne à chacun son iden­ti­té : le Calvados vient du verger, le Cognac et l’Armagnac de la vigne, et le whisky des céréales.

@Romane Lesellier 
@Soru Epotok 
@Polonio Video 

Le Calvados, le Cognac et l’Armagnac sont par ailleurs pro­té­gés par une ou plu­sieurs appel­la­tions d’origine (3 AOP concer­nant le Calvados), qui encadrent notam­ment leur aire géo­gra­phique et leurs condi­tions de pro­duc­tion. Le whisky, lui, fonc­tionne dif­fé­rem­ment : ses règles varient selon les pays et les catégories.
Le Calvados pré­sente éga­le­ment cer­taines par­ti­cu­la­ri­tés liées à son envi­ron­ne­ment de pro­duc­tion. Les ver­gers nor­mands, conduits sans irri­ga­tion, peuvent notam­ment abri­ter une riche bio­di­ver­si­té, tandis que les pom­miers contri­buent au sto­ckage du car­bone au cours de leur croissance.

Avant même la dis­til­la­tion et le vieillis­se­ment, ces spi­ri­tueux se dis­tinguent donc par leurs matières pre­mières, leurs ter­ri­toires et leurs condi­tions de pro­duc­tion, autant d’éléments qui par­ti­cipent à leur identité.

Verger pommiers
@Arnaud Guerin – Verger en Normandie.

Comment ces alcools sont-ils distillés ?

La dis­til­la­tion consti­tue une autre dif­fé­rence entre ces quatre spi­ri­tueux. Elle permet de concen­trer l’alcool et une partie des com­po­sés aro­ma­tiques issus de la fer­men­ta­tion, mais les équi­pe­ments et les méthodes employés peuvent diverger.

Pour le Calvados, la méthode dépend de l’appellation. L’AOC Calvados peut être dis­til­lée à la repasse, donc par double dis­til­la­tion, ou en conti­nu dans un alam­bic à colonne. Le Calvados Pays d’Auge est obli­ga­toi­re­ment obtenu par double dis­til­la­tion en alam­bic à repasse. Le Calvados Dom­fron­tais, lui, est exclu­si­ve­ment dis­til­lé en colonne.
Le Cognac suit une règle plus uni­forme : son appel­la­tion impose la double dis­til­la­tion des vins dans des alam­bics charentais.
L’Armagnac est prin­ci­pa­le­ment dis­til­lé en conti­nu dans un alam­bic arma­gna­cais, un appa­reil en cuivre spé­ci­fique qui par­ti­cipe à son profil aro­ma­tique. Cepen­dant, la double dis­til­la­tion peut être éga­le­ment uti­li­sée par cer­tains producteurs.
Le whisky, lui, ne repose pas sur une seule méthode à l’échelle mon­diale. Les tech­niques varient selon les styles et les régle­men­ta­tions. Pour le Scotch Whisky, par exemple, le single malt est dis­til­lé en alam­bics à repasse, tandis que d’autres caté­go­ries peuvent uti­li­ser d’autres procédés.

Alam­bic à repasse – Dis­til­le­rie Groult  © J. Boisard 
Alam­bic à colonne – Dis­til­le­rie Garnier  © S. Dubois-Didcock 

Vieillissement et mentions d’âge : comment s’y retrouver ?

Le bois et le temps jouent un rôle essen­tiel dans l’identité de ces spi­ri­tueux. Au contact du fût, l’eau-de-vie évolue pro­gres­si­ve­ment : elle prend de la cou­leur, échange avec le bois et déve­loppe de nou­velles carac­té­ris­tiques aromatiques.

Pour le Calvados, le vieillis­se­ment s’effectue en fûts de chêne fran­çais pen­dant au moins deux ans pour les AOC Calvados et Calvados Pays d’Auge, et au moins trois ans pour l’AOC Calvados Dom­fron­tais. Le Calvados peut éga­le­ment béné­fi­cier d’un « finish », c’est-à-dire d’un affi­nage, pour sa der­nière période d’élevage, dans des fûts ayant conte­nu d’autres alcools comme du whisky ou du Xérès.

Le Cognac doit lui aussi vieillir au mini­mum deux ans, sans inter­rup­tion, dans des fûts de chêne. Le chêne uti­li­sé n’est pas néces­sai­re­ment fran­çais. En revanche, contrai­re­ment au Calvados, le Cognac ne peut pas béné­fi­cier d’un finish dans un fût ayant conte­nu un autre alcool que du vin ou des eaux-de-vie de vin.

L’Armagnac vieillit éga­le­ment en fûts de chêne fran­çais, tra­di­tion­nel­le­ment dans des pièces d’environ 400 litres. Les AOC d’Ar­ma­gnac imposent au mini­mum un an de vieillis­se­ment sous bois avant com­mer­cia­li­sa­tion. La Blanche Arma­gnac fait excep­tion : cette AOC ne vieillit pas sous bois et conserve ainsi un profil plus proche de l’eau-de-vie à sa sortie de distillation.

Pour le whisky, le vieillis­se­ment dépend là encore de la régle­men­ta­tion et du pays de pro­duc­tion. Pour le Scotch Whisky, par exemple, la matu­ra­tion doit durer au moins trois ans en fûts de chêne.

Le point commun est donc évident : le fût compte. Mais son influence dépend tou­jours du spi­ri­tueux qu’il contient, du bois uti­li­sé et du temps passé à vieillir.

Pour un assem­blage, l’âge indi­qué cor­res­pond à celui de la plus jeune eau-de-vie qu’il contient. Les déno­mi­na­tions et les durées mini­males de vieillis­se­ment varient ensuite selon les spiritueux :

  • Calvados : VS dès 2 ans, Vieux ou Réserve dès 3 ans, VSOP dès 4 ans, XO ou Hors d’Âge dès 6 ans.
  • Cognac : VS dès 2 ans, VSOP dès 4 ans, XO dès 10 ans et XXO dès 14 ans.
  • Arma­gnac : VS ou Trois Étoiles dès 1 an, VSOP dès 4 ans, XO ou Hors d’Âge dès 10 ans.
  • Whisky : il n’existe pas de sys­tème uni­ver­sel équi­valent. Lorsqu’un âge est indi­qué, il cor­res­pond au whisky le plus jeune de l’assemblage.

Cer­tains Calvados, Cognacs et Arma­gnacs sont éga­le­ment mil­lé­si­més : l’année indi­quée ren­voie alors à une seule année de récolte ou de dis­til­la­tion, selon les règles propres à chaque caté­go­rie. Le whisky peut aussi être mil­lé­si­mé, mais cette pra­tique y est moins courante.

Chai de vieillis­se­ment – Dis­til­le­rie Busnel 
Calvados VS, VSOP et XO. 

Quels sont les profils aromatiques de ces différents spiritueux ?

La matière pre­mière, la dis­til­la­tion et le vieillis­se­ment influencent direc­te­ment les arômes, mais aucun de ces quatre spi­ri­tueux ne se résume à un seul profil. Le Calvados, le Cognac, l’Armagnac et le whisky pré­sentent chacun une grande diver­si­té, liée notam­ment à leur éla­bo­ra­tion et à leur durée de vieillissement.

Le Calvados conserve sou­vent une expres­sion frui­tée, par­ti­cu­liè­re­ment nette dans les eaux-de-vie jeunes, avec des notes de pomme fraîche. Avec le vieillis­se­ment, ces arômes évo­luent vers la pomme cuite et s’accompagnent pro­gres­si­ve­ment de notes boi­sées, vanillées, miel­lées, épi­cées ou de noix. Le style varie notam­ment selon l’appellation, les fruits uti­li­sés, la dis­til­la­tion et l’élevage.

Le Cognac et l’Armagnac par­tagent une large palette aro­ma­tique : fruits, fleurs, vanille, épices, bois et fruits secs peuvent appa­raître dans les deux. Le Cognac peut notam­ment pré­sen­ter des notes flo­rales et frui­tées, comme la fleur de vigne, la vio­lette, le raisin ou la vanille. L’Armagnac peut, de son côté, offrir une expres­sion frui­tée mar­quée, avec des notes de poire, de prune ou de raisin dans les eaux-de-vie jeunes, puis de fruits cuits ou confits, de fruits secs, d’épices et de vanille avec le vieillis­se­ment. Les plus âgés peuvent éga­le­ment déve­lop­per des notes de rancio. Ces ten­dances ne per­mettent tou­te­fois pas de dis­tin­guer sys­té­ma­ti­que­ment les deux spi­ri­tueux : chaque eau-de-vie pos­sède son propre profil aromatique.

Le whisky est encore plus dif­fi­cile à résu­mer en quelques arômes. Selon les céréales, la dis­til­la­tion, le type de fût et le style recher­ché, on peut ren­con­trer des notes frui­tées, vanillées, épi­cées, boi­sées, toas­tées ou fumées. Le carac­tère fumé, notam­ment, concerne cer­tains whis­kies et ne consti­tue pas une carac­té­ris­tique géné­rale de la catégorie.

Ces pro­fils ne sont donc pas des cases fer­mées : ils per­mettent sur­tout de donner quelques repères avant la dégustation.

Pourquoi découvrir le Calvados ?

Cette com­pa­rai­son montre sur­tout que le Calvados occupe une place à part parmi les grands spi­ri­tueux : son iden­ti­té est liée aux fruits à cidre et aux ver­gers nor­mands, mais ses styles sont loin d’être uni­formes. Plus de 300 varié­tés de pommes à cidre et de poires à poiré sont recen­sées dans la filière. Leurs carac­té­ris­tiques dif­fé­rentes contri­buent à la diver­si­té des eaux-de-vie.

Le Calvados offre éga­le­ment plu­sieurs façons de se dégus­ter. Avec ses arômes de pomme fraiche, un Calvados VS aura une vraie plus value pour appor­ter du peps à vos cock­tails et vos apé­ri­tifs. Les Calvados plus âgés sont sou­vent servis purs, en fin de repas, afin de pro­fi­ter plei­ne­ment de leurs arômes. Il peut aussi accom­pa­gner cer­tains des­serts ou fro­mages, selon son style. La tem­pé­ra­ture de ser­vice et le choix du verre peuvent éga­le­ment modi­fier la per­cep­tion des arômes.

Ces dif­fé­rentes approches per­mettent d’explorer le Calvados sans le réduire à un seul usage.

@Camille Legrand – Calvados dans son verre de dégustation. 
@Elliott Leme­nuel – Cock­tail Apple­ti­ni : Calvados – jus de pomme arti­sa­nal – jus de citron. 

Pour aller plus loin, décou­vrez com­ment choi­sir, servir et dégus­ter un Calvados.

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